L’éco-construction, c’est quoi ?

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Une écoconstruction prend en compte la préservation de l’environnement et de la santé, depuis sa conception jusqu’à sa fin de vie, propose un réel confort à ses usagers et cherche à s’intégrer le plus respectueusement possible dans son milieu en privilégiant des ressources naturelles et locales. Le choix des matériaux et techniques employés devient alors une démarche multicritères basée sur :

  • des critères techniques classiques (performances techniques et fonctionnelles, qualité architecturale, durabilité et facilité d’entretien),
  • des critères de coûts (d’investissement, d’entretien et de renouvellement, de coûts évités côtés santé, dé-construction en fin de vie, transports, etc.),
  • des critères environnementaux et sanitaires (économie de ressources, maîtrise des risques)
  • la gestion du chantier (nuisances, sécurité et santé).

A Loos-en-Gohelle, 4 cibles prioritaires ont été définies dès le début de la démarche, auxquelles est venue s’ajouter une  cinquième :

  • La gestion de l’eau :
    • Réduction des consommations par la récupération des eaux pluviales (pour les sanitaires et l’arrosage) et l’utilisation de systèmes économes (robinets mousseurs…)
    • Traitement à la parcelle des eaux de ruissellement (limitation des surfaces imperméabilisées, préservation des écoulements naturels, parkings végétalisés, voiries en béton désactivé, matériau favorisant la circulation et la pénétration des eaux de pluie, noues, puits d’infiltration…).
  • La gestion de l’énergie :
    • Maîtrise des consommations par l’application des principes de bioclimatique (optimisation de l’éclairage naturel et des apports caloriques…), l’utilisation de systèmes économes (énergie solaire, éclairage indirect, ampoules basse consommation, minuterie…) et une isolation performante (avec label thermique performant…)
    • Développement de l’utilisation des énergies renouvelables par la collectivité et les particuliers (depuis 2007, 30 particuliers ont bénéficié d’une aide financière pour l’installation de panneaux solaires…)
  • L’intégration paysagère et fonctionnelle des réalisations :
    • Traitement paysager des nouveaux bâtiments (confort acoustique et visuel des habitants, choix d’espèces locales, favoriser la biodiversité…)
    • Développement des cheminements piétons et cyclistes en sites propres pour l’accès aux nouveaux bâtiments
  • La concertation avec tous les acteurs :
    • Concertation en amont dans la conception du projet via des comités de pilotage
    • Concertation/sensibilisation/accompagnement des futurs usagers
  • Le choix de matériaux innovants :
    • préservant la santé (peinture à l’eau, éco-isolants…) ;
    • préservant l’environnement (pollution de l’eau, bois PEFC, bilan carbone faible…)

Loos-en-Gohelle s’est inscrite depuis 1997 dans une démarche volontaire d’application des principes de la Haute Qualité Environnementale (HQE), plus globalement appelée aujourd’hui écoconstruction. La commune a contractualisé cette volonté via le volet HQE de sa Charte du Cadre de Vie, signée en 2000 à l’issue d’un travail de concertation, d’analyse et de diagnostic engagé dès 1996, et l’engagement d’actions concrètes. Démarche complétée depuis par un “guide de l’écoconstruction”, élaboré à partir de l’expérience loossoise et en cours de déclinaison, qui permet de définir les objectifs pour chaque opération, en fonction des besoins et des moyens.

Les efforts en matière d’écoconstruction ont au départ surtout porté sur l’habitat social (neuf ou lors de la réhabilitation de la cité minière Belgique). Mais désormais le recours à ce type de techniques a été systématisé : équipements publics, immeubles de standing… Cette démarche a d’ailleurs eu un effet de diffusion sur le privé (banque, laboratoire de recherche, gîte rural, particuliers…).

L’écoconstruction ne se réduit pas à la conception du bâti (enveloppe thermiquement performante et non perméable à l’air, orientée bioclimatiquement, etc.) mais doit prendre en compte les usages des futures constructions. Ce qui intègre des aspects plus pratiques (récupération d’eau pluviale, gestion des déchets, énergies renouvelables…), mais aussi et surtout le cadre de vie (aménagement paysager agréable, partie commune propice aux échanges sociaux..). Ainsi, une démarche globale d’écoconstruction permet d’équilibrer le développement de la ville, en harmonisant le développement des quartiers, et de renforcer sa cohésion. Forte de cette réflexion, Loos-en-Gohelle a  saisi l’opportunité de repenser son territoire donnée par le processus de recyclage du foncier (reconversion des friches…), qui a offert plus de 150 hectares d’espaces naturels et d’espaces pour le bâti.

Les principales réalisations

Le logement

Pour chaque opération d’habitat social durable, la commune travaille avec le bailleur pour intégrer un certain niveau d’exigence en fonction des besoins des usagers et des moyens (techniques, financiers…), en indiquant les cibles retenues et l’attention à y porter. Ce travail, primordial, n’est pas toujours facile… A noter que Loos-en-Gohelle s’est déclarée en 2000 commune anti-chauffage électrique.

Cité Belgique : 40 logements réhabilités et 15 constructions (1997)

Construite en 1920 sur les communes de Loos-en-Gohelle et Grenay, cette cité aurait disparu sans l’opposition des élus et de la population. Ce classement « à démolir » par les Houillères, s’il n’a pas abouti à la destruction de la cité, a néanmoins accéléré le processus de dégradation du bâti et de l’environnement en général. Dès 1997, un partenariat élargi s’est mis en place pour adapter la cité aux exigences et conforts de la vie moderne. Après la prise en compte des préoccupations et ambitions de chacun, les fondements du projet et ses orientations en matière d’éco-aménagement et de mixité urbaine ont été synthétisés dans une Charte de Cité, document de référence durant l’opération.

Signes techniques particuliers : refonte de la voirie (suppression de rues, mise à sens unique…) et création de cheminements en sites propres (circuits pédestres…).

Résidence Chico-Mendès : 15 constructions (2000)

En 2000, 15 logements ont été construits non loin de la Base 11/19. La nouvelle résidence a été baptisée Chico-Mendès en hommage à un Indien d’Amérique du Sud ayant lutté contre la déforestation de la forêt équatoriale et pour la survivance des minorités ethniques.

Signes techniques particuliers : traitement paysager accentuant le caractère convivial de la cité-jardin,isolement acoustique renforcé des façades et toitures, en raison de la proximité de la route nationale Lens-Béthune.

Résultat significatif : consommation moyenne d’eau potable inférieure de 48 % à la moyenne nationale pour des logements de la même époque ; prise de conscience que pour la consommation d’énergie (gaz) peut varier de 40% pour le même logement en fonction du comportement de ses habitants.

Cœur de Loos : 29 logements en centre-ville (2004 et 2009)

La construction de 29 appartements de standing en centre-ville comblait plusieurs attentes : la redynamisation du centre-ville, la diversification de l’offre de logements sur la commune (il y a en effet peu d’appartements), un confort important pour les habitants tout en tenant compte des exigences environnementales et un traitement sécuritaire de l’axe et du carrefour existant. Enfin, elle a permis d’améliorer les conditions d’accès aux équipements et commerces (stationnement, voies piétonnes et cyclistes…). Le premier immeuble a été construit en 2004. Le second en 2008-2009.

Signes techniques particuliers : confort acoustique et visuel des habitants, développement de « déplacements propres » (création de cheminements piétons et cyclistes…). Cellules commerçantes en rez-de-chaussée.

Résultat significatif : toutes les cellules commerçantes ont trouvé preneur, avec l’arrivée d’activités non présentes jusqu’alors dans la commune (opticien, badminton, traiteur…).

Cité 5 : 6 logements sociaux Chênelet (2009)

Cette opération originale située à la cité 5 comprend la construction en éco-habitat de quatre maisons et d’un collectif de deux appartements à caractère très social (dispositif PLUS : Prêt Locatif à Usage Social). L’un des objectifs de ce projet était de prouver la faisabilité de logements performants pour tous (confortables et à charges réduites). Le maître d’ouvrage est en effet un bailleur social.

Signes techniques particuliers : objectif énergétique ambitieux (45 KWh/an/m2), économie solidaire (chantier d’insertion), matériaux et techniques utilisés (structures en bois massif, murs extérieurs en bois, terre crue, isolant en ouate de cellulose, fibre de bois, bardage…), construction dans un raisonnement de circuit court et de relocalisation de l’activité (matières premières de la région, où elles sont aussi transformées), approvisionnement intelligent en bois (de la région, mais aussi et surtout de zones marécageuses non exploitables avec les méthodes traditionnelles, donc utilisation du débardage à cheval).

Résultats significatif : volonté d’évaluation et d’amélioration continue. Formation et sensibilisation des habitants. Logements récents, chiffres non disponibles.

VillAvenir : 6  maisons sociales  pilotes  (2009)

Six concepts, six équipes pour réaliser six maisons à haute performance énergétique à côté de la Base 11/19 : deux en maçonnerie, deux en bois et deux en acier. Chaque construction rassemble une vingtaine de techniques innovantes.  Pour cette première nationale, Loos-en-Gohelle a été choisie par la Fédération Française du Bâtiment (FFB) parmi de nombreuses candidates.

Signes techniques particuliers : maisons à haute performance énergétique, enjeux à la fois techniques et sociaux (le chantier a accueilli de nombreux jeunes en formation et de nouvelles formations, adaptées aux besoins des entreprises, seront créées en fonction des enseignements de ces chantiers).

Résultat significatif : organisation de la filière d’écoconstruction. Logements récents, chiffres non disponibles.

De nouveaux logements écoconstruits sont en projet avec PDC Habitat, le bailleur social qui a repris les maisons VillAvenir. Le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement), qui a déjà réalisé une étude urbaine pour l’arrivée de Villavenir, a été missionné pour étendre l’étude paysagère et patrimoniale à l’ensemble de la zone. Ce développement du quartier permettra de remédier à l’actuel aspect décousu du tissu urbain dans ce secteur  (loin du centre-ville, en bordure d’une route à forte circulation,  sur une ancienne friche…) et de créer une entrée de ville plus dynamique et valorisante.

Cité des Oiseaux : 35 logements (début du chantier : 2009)

Ce projet de logement mixte comprendra à terme 53 logements, dont 28 en locatif social (réalisés par la SIA), 7 en accession sociale à la propriété (réalisés par Coopartois) et 14 lots libres de constructeurs.

Signes techniques particuliers : intégration paysagère (un espace vert servira d’écran végétal avec l’A21). Sept logements en bois réalisés par Coopartois avec le label BBC et des chaudières bois.

Résultat significatif : la découverte de sapes de guerres a contraint la commune à revoir à la baisse le nombre de logements et obligé les constructeurs à chercher des solutions techniques. Cela a abouti à un projet plus qualitatif et innovant qu’initialement prévu (allègement des structures par l’utilisation du bois, etc.), avec par exemple l’installation des réservoirs à pellets (granulés de bois) en sous-sol, solution tirant profit des sapes de guerre.

L’écoquartier Ouest : 600 logements (début du chantier :2012)

Le Quartier Ouest, programme d’habitat diversifié de 600 logements créés sur une quinzaine d’années, est le plus important projet loossois en termes d’urbanisme. Il s’agit en effet de créer un écoquartier regroupant trois cités (5, Belgique et Bellevue) excentrées et une friche minière (anciens terril et carreau de fosse du 5, soit 35 hectares situés entre les cités). Le secteur ouest accueille 28 % de la population loossoise.  Ce projet s’inscrit dans une logique de ville durable. Il figure d’ailleurs dans le périmètre du projet « urbanisme durable » à l’échelle de l’aire métropolitaine lilloise.

Signes techniques particuliers : désenclavement, densification et intégration dans le tissu urbain, mixité sociale (implantation prévue d’un centre de l’association Sésame Autisme), étude urbaine formulée par l’architecte Nicolas Michelin.

Résultat significatif : « présence active des habitants » pour participer et contribuer à la conception, à la gestion et au développement du projet.

Les équipements publics

Extension de la mairie (1999)

Premier projet directement municipal s’inscrivant dans la démarche d’écoconstruction.

Cibles techniques : récupération des eaux de toiture pour l’alimentation des sanitaires, système de robinets économes, éclairage naturel par un puits de lumière, augmentation des surfaces vitrées exposées au sud, système d’ampoules basse consommation et minuterie.

Construction de la salle Duvauchelle (2000)

Les principes du développement durable ont été appliqués dès le démarrage du projet : concertation, écoconstruction. Cet équipement a une vocation sociale, culturelle et sportive  : aide aux devoirs, ateliers du mercredi, vie associative, salle de répétition et d’enregistrement pour les groupes de musique locaux. La salle accueille aussi les résidents du foyer APEI Les Goélands et les élèves de l’école Ovide-Leroy, ainsi que la halte-garderie Pomme d’Api.

Cibles techniques : récupération des eaux de toiture, gestion à la parcelle des eaux de ruissellement, puits d’infiltration, installation de toitures terrasses végétalisées,
gestion de l’énergie par une prise en compte des notions de bioclimatique (orientation du bâtiment, favoriser l’éclairage naturel), par une isolation performante des bâtiments et une action de maîtrise des consommations (ampoules basse consommation, minuterie, télégestion du chauffage…), intégration paysagère des bâtiments de manière à faciliter les déplacements alternatifs (création de voies piétonnes et cyclistes), utilisation de végétaux locaux et vivaces pour les espaces verts.

Réhabilitation de la Base 11/19 (2010)

Hier encore fleuron de l’exploitation minière dans le  Nord – Pas de Calais, la Base 11/19 (propriété de la CommunAupole de Lens-Liévin) est devenu un site de référence du développement durable. Sa rénovation selon les principes de l’écoconstruction s’est achevée en 2010.

Cibles techniques : confort et santé des usagers et riverains, déplacements urbains et transports alternatifs, maîtrise de l’énergie et développement d’une production locale d’énergie, gestion des eaux pluviales (puits d’infiltration…), maîtrise des consommations d’eaux, des eaux usées et rejets liquides, maîtrise des grands équilibres écologiques, des déchets d’activité, qualité environnementale du bâti, chantiers verts (à faible impact environnemental).

L’amélioration continue

En dehors des opérations d’envergure, les réhabilitations et même l’entretien des bâtiments sont autant d’occasions d’installer du matériel plus performant sur le plan de la qualité environnementale. Ainsi le nouveau centre technique municipal est-il par exemple équipé de panneaux solaires produisant l’eau chaude pour les douches et d’une chaudière à condensation. Le foyer-logement dispose également de 50m2 de panneaux solaires qui assurent 30% par an de la production d’eau chaude.

Par ailleurs, une réflexion sur la mise en place d’un suivi de consommation (électricité, gaz, eau) est engagée. Mais d’ores et déjà l’analyse des coûts et des économies a permis l’adaptation pertinente d’ appareils électriques : suite au Diagnostic d’Éclairage Public, le programme de renouvellement du parc d’éclairage public par un matériel plus performant a été amorcé. Ceci devrait en outre permettre d’améliorer le confort d’éclairage tout en diminuant la pollution lumineuse.

Enfin, la ville s’est équipée de quatre Vélos à Assistance Electrique (VAE), de deux véhicules électriques et de plusieurs véhicules GNV (gaz naturel de ville), ainsi que d’une station de remplissage.

Le coût de l’écoconstruction

L’écart avec les procédés de construction dits “classiques” tend à se réduire. En effet, l’éco-construction est une filière économique en plein essor, destinée lorsque l’effet de masse aura atteint un niveau suffisant à être aussi compétitive que les matériaux traditionnels. De plus, la hausse du coût de l’énergie favorisera le développement de cette filière en freinant les matériaux trop consommateurs d’énergie pour leur élaboration et leur acheminement (on parle d’énergie grise).  Néanmoins, une démarche d’écoconstruction génère actuellement un surcoût à la construction de l’ordre de 10%, compensé en coût global par :

  • une économie à long terme sur les flux (eau, environnement…)
  • une économie externalisée sur les équipements publics, qui nécessitent une moindre capacité (station d’épuration, réseaux d’assainissement, équipements de production énergétique…)
  • une économie de fonctionnement
  • une action sociale sur le budget des ménages habitant ce type de logements (économie directe sur les factures d’eau et d’électricité-chauffage)

Le tout avec un gain non mesurable financièrement : un meilleur confort, une meilleure qualité de vie. L’écoconstruction amène à réfléchir autrement à la manière de répondre aux besoins et pose notamment le problème de la prise en compte globale des coûts… Car, qu’il s’agisse d’équipement publics ou de logements sociaux, les constructeurs/propriétaires, qui paient le surcoût lors de la construction, ne sont pas les usages/habitants, qui bénéficient des économies liées à l’usage de l’équipement ou du logement. Par ailleurs, l’écoconstruction favorise la mutualisation, qui en diminuant les coûts (exemple d’une cuve d’eau pluviale) rend certains projets économiquement (très) compétitifs.

Loos-en-Gohelle, lieu ressource de la construction durable

Terrain d’implantation du cd2e (Création Développement d’Eco-Entreprises), la commune a également été le théâtre d’opérations pilotes comme VillAvenir (opération nationale de construction de six maisons selon une centaine de techniques innovantes portée par la Fédération Française du Bâtiment).  L’implantation du centre QEB (Qualité Environnementale dans le Bâtiment) régional décidée en 2009, l’arrivée prochaine d’un centre de formation de la Fondation d’Auteuil (constituant l’axe structurant d’un futur écopôle de formation dans le bâtiment) et le lancement d’un cluster écoconstruction en 2011 le confirment : Loos-en-Gohelle devient un lieu ressource pour la construction durable.

Ainsi, on dénombre sur son territoire la plateforme d’Analyse du Cycle de Vie (ACV), qui élabore une base de données communes fiable  dans l’ objectif de créer un référentiel du calcul de l’énergie mobilisée pour créer et recycler un produit ( et non simplement l’énergie utilisée pour son fonctionnement) reconnu et commun à tous. Mais aussi le pôle de compétitivité national TEAM², dont l’ambition est de faire de la Région une spécialiste de la valorisation des co-produits et des « matières premières secondaires » issus de toutes origines : re-fabriquer de nouveaux matériaux à partir des déchets et co-produits.

A ces dispositifs viendront prochainement s’ajouter la Halle des écomatériaux, (centre de ressources des écomatériaux et écotechniques, qui sera également un centre de formation et un centre de ressources bibliographiques) et le projet Réhafutur, qui devrait constituer une référence en matière d’écoréhabilitation. Or, si l’enjeu en matière de construction écoresponsable est important, il l’est encore davantage en ce qui concerne la réhabilitation : dans les années à venir, des centaines de milliers de logements existants devront être adaptés aux nouveaux besoins de la société…

L’habitant au centre du projet

L’aspect technique ne suffit pas pour la réussite d’un projet d’écoconstruction : les techniques évoluent et les habitants doivent s’y adapter. Il est donc important d’avoir le mode d’emploi de son logement (laisser respirer un mur qui a été conçu pour assurer la régulation thermique, ne pas gaspiller l’eau pluviale dont le réservoir a été dimensionné pour un usage raisonné, ne pas boucher la ventilation…). Un travail de sensibilisation aux économies d’énergie est donc réalisé auprès des particuliers : animations ludiques autour des économies d’eau, d’électricité et de gaz pour une population fragilisée par la non maîtrise des énergies.

L’expérience de la résidence Chico-Mendès a mis en évidence l’importance d’associer les usagers aux trois étapes : conception, réalisation (atteindre les objectifs) et usage. Et plus ils interviennent en amont, plus le projet répondra à leurs besoins et plus l’utilisation du logement sera performante.

Les six logements Chênelet ont bénéficié de cette expérience. Les objectifs (BBC : 50kWh/ an /m2) ont non seulement été fixés mais toutes les conditions ont été mises en place lors des travaux pour les atteindre. Le concepteur et l’architecte ont suivi toutes les réunions de chantier afin de coordonner les différents corps de métier pour atteindre un objectif commun de performance. Des tests de caméra infra-rouge ont permis de vérifier l’isolation thermique et des tests de perméabilité à l’air ont aussi été réalisés avec des corrections pour corriger les défauts détectés.

Enfin, les habitants ont bénéficié d’une présentation de leur logement avec des conseils d’usage et la livraison d’un mode d’emploi. Celui-ci évoquait également la gestion écologique du jardin.