Pourquoi l’hirondelle ?
Le symbole de la biodiversité
De quoi parlons-nous ?
L’hirondelle est un oiseau emblématique
à plusieurs titres : comme chacun le sait, elle symbolise les
beaux jours. Mais surtout elle présente un côté
énigmatique : celle des grands migrateurs. Elle est en effet
capable de faire plus de 10 000 Km avec pour seul carburant quelques
grammes de graisses, grâce à des talents de vol basé
sur un profil aérodynamique digne des supersoniques et une
incroyable endurance.
A son retour d'Afrique, c’est
dans nos granges, étables et garages que nous la retrouvons.
Il y a plusieurs espèces d’hirondelles
mais les plus connues sont l’hirondelle rustique, encore appelée
hirondelle de cheminée, et l’hirondelle des fenêtres.
- L’hirondelle rustique est un
oiseau bleu-noir avec des reflets métalliques qui contrastent
avec le dessous blanchâtre lavé de roux. Elle a une silhouette
élégante et fuselée avec une queue fourchue très
échancrée (flets longs). On peut remarquer des taches
blanches vers l'extrémité de sa queue. Son front et
sa gorge sont brun roux soulignés d'une bande pectorale sombre.
Même si elle figure parmi les espèces les plus répandues
en France, ses effectifs sont en déclin partout en Europe.
- L’hirondelle des fenêtres se distingue de l'hirondelle
de cheminée par le croupion blanc pur. La queue moins fourchue
n'est pas pourvue de filets. Tête, dos, ailes et queue noir
sont bleus, dessous essentiellement blanc. Pattes et pieds courts
emplumés de blanc.
Elle a le même type d'habitat que l'hirondelle rustique, mais
elle est plus citadine. Avant que l'homme ne construise des édifices,
l'hirondelle de fenêtre vivait volontiers à proximité
des falaises. Elle niche en colonies dans les villes et villages,
mais aussi sur les parois rocheuses des régions inhabitées.
En dehors de la période de reproduction, les hirondelles de
fenêtre se rassemblent en dortoir dans les arbres, et non dans
les roselières comme l'hirondelle rustique.
Une énigme
Leur migration interpelle tous les amateurs
d’oiseaux et de nature. De tous les oiseaux, l'hirondelle est
sans doute celle qui a fait prendre conscience à l'homme de
l'incroyable phénomène de la migration. Pourquoi cette
petite bête atteignant tout juste 20 grammes ressent-elle, à
la mauvaise saison, la nécessité de parcourir plus de
10 000 kilomètres ? Pour réaliser cet exploit, elle
utilise le vol battu, c'est-à-dire que ses ailes sont presque
toujours en mouvement. Difficile à croire !
Les chiffres sont très inquiétants
Les comptages réalisés en 20
ans montrent que les populations diminuent significativement (de l'ordre
de 40 %). Une des menaces principales qui pèsent sur l'hirondelle
rustique et qui semblent la cause de sa régression actuelle
est l'intensification des pratiques agricoles. L'élevage tend
à se pratiquer hors sol, ce qui se traduit par la disparition
progressive des prairies, lesquelles sont remplacées par des
champs traités aux insecticides... d'où moins d'insectes
leur servant de nourriture (voire des empoisonnements). La destruction
des haies, le drainage participent également à cette
régression, car ils entraînent aussi une diminution d'insectes.
Les suppressions de roselières et marais empêchent les
hirondelles de se regrouper dans de bonnes conditions, avant la migration.
Enfin, les nombreuses lignes haute tension provoquent des électrocutions
comme pour beaucoup d’espèces d’oiseaux.
Symbole de biodiversité
En cela, l’hirondelle apparaît
comme le symbole d’une diminution de la biodiversité
qui impacte directement les espèces par la disparition de leur
nourriture et de leurs habitats.
Œuvrer à l’amélioration de la biodiversité,
c’est agir sur un processus global de restauration des équilibres
biologiques garants de la survie des espèces. Par exemple,
planter des haies c’est assurer gîte et couvert à
nombre d’insectes, eux-mêmes utiles au nourrissage des
oiseaux ou petits mammifères (chauve-souris, hérissons,
etc.)…bref on préserve la chaîne alimentaire.
Que faire ?
La protection de l’hirondelle doit passer
par le maintien d'une agriculture extensive (pâturages, agriculture
biologique). Maintien ou création de fontaines, mares, points
d'eau en périphérie des villages. Mise en réserve
des roselières qui servent de regroupements en dortoir.
Dans les cas extrêmes, on peut envisager la mise en place de
nichoirs artificiels. Bien entendu, les nichoirs pour hirondelles
rustiques doivent être posés dans des endroits adéquats.
Ces endroits où elles pourraient nicher sont l'intérieur
des bâtiments qui comportent des ouvertures.
Pour les hirondelles de fenêtre, prévoir des points d'ancrage
des nids sur les façades type crépis rustique favorable
à l'accrochage des nids. Mais prévoir l'installation
des nids ne veut pas toujours dire que l'oiseau s'installera ! La
prévision de zones d'installation dans l'architecture des bâtiments
est le nec plus ultra.
Beaucoup de personnes sont gênées par les salissures.
Inutile de détruire le nid : il est possible de disposer une
planchette qui retiendra les saletés sous le nid.
En conclusion
Les hirondelles font partie des espèces
protégées, leur nuire est donc passible d’amende.
Mais, au-delà du droit, les accueillir est une démarche
citoyenne !
"Tsiwittt ! ... Tsiwittt ! ..." Voilà les hirondelles!
Chaque printemps voit le ballet de ces annonciatrices des beaux jours.
C'est dans ou sur les maisons, les immeubles, les dépendances,
les étables quand il en reste encore, qu'elles viennent nicher.
Leur présence enrichit et égaye notre cadre de vie.
Aujourd'hui, leur sauvegarde s'avère d'autant plus indispensable
que, dépendant grandement de l'habitat humain, les hirondelles
rustiques et de fenêtre ainsi que les martinets souffrent de
l'évolution des matériaux de construction et des formes
de l'architecture moderne.
Aussi, leur protection participe d'une action citoyenne. Il appartient
donc à chacun de nous, sur la base d'une démarche simple
et concrète, d'être vigilant et de veiller à la
sauvegarde de ces fragiles oiseaux migrateurs.